Vague de chaleur en Europe et la carte illustrant la sensation thermique réelle

Posté le par Oleksandra (meteoblue)

Alors que l’Europe se remet d’une vague de chaleur exceptionnelle et que les météorologues continuent de surveiller le risque de nouvelles vagues de chaleur, la carte PET aide les villes à identifier le stress thermique avant qu’il ne devienne une urgence de santé publique.

L’Europe vient de subir une vague de chaleur estivale brutale, dont le bilan ne se limite pas à quelques records battus. L’Organisation Météorologique Mondiale a indiqué que de vastes régions du continent ont enregistré des températures supérieures de 3 à 10 °C à la moyenne saisonnière jusqu’à la fin du mois de juin.

La France a enregistré sa journée la plus chaude jamais observée le 24 juin, avec une moyenne nationale de 30,0 °C, selon Météo-France. L'Allemagne a ensuite établi un record national provisoire de 41,7 °C le 28 juin, confirmé par le DWD. En Suisse, Zurich a enregistré un record de jusqu'à 37,1 °C, la température la plus élevée jamais enregistrée dans la ville, dépassant le record établi en août 2003, selon MétéoSuisse.

Alors que la canicule progressait vers l’est, les records ont continué de tomber à travers l’Europe centrale. La République tchèque a enregistré 41,1 °C le 28 juin, la première fois que la barre des 41 °C était franchie dans son réseau officiel, selon le CHMI. En Pologne, une température provisoire de 40,5 °C enregistrée le même jour a dépassé un record national qui tenait depuis 1921, a indiqué l’IMGW.

Derrière ces chiffres se cachent de vraies personnes. L’Organisation mondiale de la Santé a attribué plus de 1 300 décès supplémentaires à travers l’Europe à la chaleur extrême depuis le 21 juin, tandis que Santé publique France a recensé environ 1 000 décès supplémentaires dans le pays depuis le 24 juin, une hausse qui, selon elle, a touché toutes les tranches d’âge.

Malheureusement, ce répit pourrait être de courte durée. Les modèles de prévision indiquent qu’une nouvelle vague de chaleur se prépare déjà et qu’elle frappera l’Europe occidentale le deuxième week-end de juillet. Cela rappelle durement que la question n’est plus de savoir si la chaleur extrême reviendra, mais quand.

Pourquoi un thermomètre ne suffit pas

La chaleur fait rarement le plus de victimes là où le thermomètre affiche les températures les plus élevées. La température de l’air n’est qu’une partie du tableau : elle ne dit rien du vent qui rafraîchit une personne, de l’humidité qui empêche la sueur de s’évaporer, ni du soleil direct qui fait monter la chaleur dans le corps.

Ces facteurs varient d’une rue à l’autre. Une place ombragée et ventilée et un arrêt de bus dépourvu d’arbres, distants de quelques centaines de mètres, peuvent présenter des risques très différents au cours d’un même après-midi, et un appartement situé au dernier étage qui retient la chaleur pendant la nuit peut s’avérer plus dangereux que les pics de chaleur enregistrés à l’extérieur en journée.

C’est là qu’intervient la température physiologique équivalente (PET). La PET intègre la température, le vent, l’humidité et le rayonnement solaire en un seul chiffre : la température intérieure équivalente à laquelle une personne, à l’abri du vent et du soleil, ressentirait le même stress thermique qu’à l’extérieur. En bref, elle mesure la chaleur réellement ressentie dans un lieu, ce qui est le chiffre le plus important lorsque la chaleur devient dangereuse.

Une vue à 3 mètres de la chaleur urbaine

C’est précisément cette réalité microclimatique que la carte PET met en évidence. Déployée à Zurich, Francfort et Gelsenkirchen dans le cadre de Cartes Urbaines, une plateforme plus large déjà présente dans des centaines de villes à travers le monde, cette carte est calculée avec une résolution de 3 mètres sur 3, suffisamment fine pour montrer l’ombre projetée par une simple rangée d’arbres ou la chaleur piégée entre les bâtiments.

Des prévisions à trois jours donnent aux villes suffisamment de temps pour agir : ouvrir des centres de rafraîchissement avant que la température n’atteigne son pic, prendre des nouvelles des habitants vulnérables vivant seuls et détourner les gens des rues qui seront les plus touchées. Toutes ces données sont entièrement numériques et également disponibles via une API, prêtes à alimenter l’urbanisme, la communication publique ou les interventions d’urgence.

Quand l’information devient un soulagement

Les vagues de chaleur comptent parmi les phénomènes météorologiques ayant le plus grand impact sur la santé publique. Contrairement aux tempêtes ou aux inondations, leurs effets sont souvent moins visibles, car ils se développent progressivement sur plusieurs jours. Les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de pathologies préexistantes sont particulièrement vulnérables, surtout lors de périodes prolongées de températures élevées.

Savoir où le danger se concentre change la manière dont une ville peut réagir. Une carte indiquant précisément quels quartiers deviennent mortels, et à quel moment, permet d’intervenir à temps chez les personnes concernées, plutôt qu’après coup. C’est là que réside la différence apportée par les données PET : elles transforment une vague de chaleur, que la ville tente simplement de survivre, en un événement auquel elle peut se préparer, et ce faisant, elles permettent de sauver des vies que de simples relevés de température ne permettraient pas de détecter.

La même cartographie peut être établie pour toute ville qui choisit d’investir dans la compréhension de ses propres phénomènes de chaleur. Si la vôtre n’en fait pas encore partie, adressez-vous à ceux qui définissent la manière dont elle se prépare. Découvrez ce que cela révèle sur les Cartes Urbaines PET . Après tout, la chaleur n’attend pas.

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